back home updated : 15/05/13 11:20


WEC2012, Euston Park

La victoire qu'il fallait à Sheikh Mohammed

 

Photos : Expressions-volées     La course

 

Résultats : Détaillés

 

Depuis 98, il essayait de remporter la victoire suprême, celle de Champion du Monde d’endurance.

 

En ’98 - avec Nelson qu’il avait acquis à Pratoni après sa victoire au Championnat d’Europe- il avait durement bataillé avec Val Kanavy mais avait été éliminé. Ensuite, en 2002 à Jerez, il avait été très vite éliminé –au 2me vetgate. En 2004, chez lui à Dubai, il échoue de peu, à la deuxième place derrière Barbara Lissarague et Georgat (en fait le gagnant, le Sheikh Hazza a été éliminé plus tard pour doping). Il fait l’impasse en 2006 à Aachen et en 2008 en Malaisie, laissant ses fils conduire l’équipe des UAE. Il reviendra en 2010 à Lexington pour, encore, échouer à la deuxième place derrière Maria Alvarez et Nobby.

 

Euston 2012 le présentait comme le grandissime favori : terrain connu, organisation acquise à sa cause, une équipe totalement dévouée. Restaient les deux inconnues principales : le cheval devant le conduire à la victoire et le couple Maria/Nobby. Ce sera finalement Madjii du Pont, le fils de Tidjani, entraîné par Juma Punti qui sera choisi. Trois autres chevaux de l’équipe proviennent de la même écurie, belle consécration pour l’entraîneur espagnol. Punti conduira d’ailleurs le peloton, dictant la cadence, et donnant l’impression de conduire le Sheikh, comme le poisson pilote son requin…

 

L’autre inconnue, Maria Alvarez et Nobby. Déjà deux titres de Champion du Monde pour ce couple devenu légendaire, mais aussi deux titres de Champion d’Europe. Tout le monde se précipitait à chaque trotting pour évaluer les allures du petit hongre. Elles furent à chaque fois irréprochables. Mais le crack a entamé sa 17ème année. Il a été protégé bien sûr et n’a pas trop couru, mais à ce niveau et à cette vitesse, pouvait-il tenir et soutenir ce rythme ?

 

Il l’a fait –magistralement ! Mais au dernier passage au vetgate, il a été noté à 66, trop haut, et a dû sortir puis ré-entrer, perdant ainsi 4 minutes. Certains y ont vu une manœuvre pour se laisser distancer par le patron. Difficile à imaginer car comment faire remonter le cardiaque…

Après, sur la piste, il semblait moins frais que les chevaux des Emirats et ne semblait visiblement pas être capable de remonter. Il échouera à plusieurs minutes des leaders.

 

La France a une fois de plus bien joué le jeu, adoptant une position tactique en se contentant de la médaille d’argent par équipe. Les places individuelles étaient inaccessibles avec une telle approche. Frances et Tomas montaient de jeunes chevaux, peut-être pas encore assez aguerris pour batailler contre Sheikh Mohammed et son armada de grooms et suiveurs. Pour le battre il aurait fallu : 1. Un cheval exceptionnel – 2. Une acceptation du risque encouru – 3. Qu’il craque d’une manière ou d’une autre – 4. Peut-être un autre site que Euston… Bref, « Mission impossible ».

Les frères arabes du Qatar et du Bahreïn se sont magistralement plantés. Ils ont essayé de suivre le train mais se sont époumonés les uns après les autres. « No wax ». Par contre Oman a remarquablement tiré son épingle du jeu. Les sympathiques membres de la cavalerie omanaise ont réussi en seulement deux ans à construire une équipe de qualité et ils ont prouvé leurs qualités de cavaliers et d’hommes de cheval sur l’épreuve la plus importante de l’année. Les trois cavaliers de l’équipe terminent ensemble. Bravo !

 

La Belgique a fait bonne figure. Elle a rentré ses quatre chevaux d’équipe – Pierre Arnould a bien vu à qui il fallait confier les quatre brassards noir-jaune-rouge. Maritza Pereira a réussi une superbe course en plaçant Lima du Barthas à la 12ème place – il faut dire que Maritza avait chuté lors de la 3ème étape en se faisant très mal au dos et qu’elle a enduré le martyr jusqu’u sprint final. Bravissimo ! Et les Belges ne sont qu’à 5min des américains, au total par équipe. Une petite déception cependant quant à la prestation de Pietro Di Geronimo que l’on attendait dans les vingt premiers.

Les cavaliers d’Amérique du Sud se sont plantés. Ils sont arrivés avec des ambitions démesurées – du chef des Uruguayens surtout – au-delà des capacités réelles de leurs chevaux et des capacités tactiques des cavaliers. On ne court pas comme cela en Europe. Ils ont des circonstances atténuantes, bien sûr. Leurs chevaux sont venus de si loin, endurant plusieurs jours de voyage éreintant (de l’écurie à l’aéroport sur plusieurs centaines de kms, de l’aéroport au Costa Rica, puis vers Amsterdam, puis en camion vers l’Angleterre en franchissant le « Channel » où ils ont dû encore faire une petite quarantaine. Sans compter que c’est l’hiver là-bas… Trop lourd, trop dur, trop long ! Et trop cher !

 

Les Etats Unis se sont finalement bien débrouillés – ils prennent la 4ème place par équipe. Le changement de chef d’équipe – et surtout de méthode de sélection- leur a été bénéfique. Emmet Ross a fait du bon boulot. Il était temps…

 

Et les autres Européens… L’Allemagne place 2 chevaux sur 5 (un éliminé au trotting initial) ; L’Espagne fait deux sur six mais ces deux-là, quels chevaux ; l’Italie a cherché des champignons ; la Suisse n’a pas déçu ; les Anglais placent deux chevaux dont Tricia Hirst à la 15èplace. Les Pays-Bas rentrent au pays sans classement mais en plus déplorent la mort d’un cheval qui a chuté, s’est cassé l’épaule et a dû être euthanasié. Triste week-end pour les oranges. La Malaisie a couru au train pour classer 3 chevaux vers la trentième position et on salue le résultat du très sympathique et souriant Sultan Tuanku Mizan qui termine pour la première fois un championnat.

 

La cérémonie de remise des prix, que faut-il en dire… Un sentiment très mitigé. Bien sûr on salue la victoire de Sheikh Mohamed, le plus grand mécène de notre sport, mais aussi celui qui a –volontairement ou pas, consciemment ou pas- été à la base de tant de dérives. Bien sûr qu’il fallait fêter dignement la victoire, mais… On aurait aimé que la mise en place des invités, participants, spectateurs, presse soit plus dans le protocole des évènements internationaux. Pourquoi fallait-il réserver toute la tribune centrale aux bleus et aux rouges ? Pourquoi les autres nations –ET LA PRESSE- n’avaient-elles pas reçu l’honneur de choisir quelques représentants –chefs d’équipe et véto d’équipe par exemple- dans la tribune centrale ?

Pourquoi refouler la presse lors de l’arrivée du vainqueur, alors que l’on a tout laissé faire lorsque les 10, 11 et 12 ont sprinté et que le danger était bien présent à ce moment ?

 

Bref, rien n’a changé, même sous la pluie.



 


Dans le Nord: Bekam de Piboul, par Dormane


Dans le Nord: Skikman, par Octavius


Dans le Nord : Seaukoa, par Al Sakbe


Dans le Nord : Valentino Occitan, par Ismael d'Aubanel


Rekor, by EPC Winning Complements


Stud One, Sport Riding with class


Intercuir Best Chaps


Equibride Sellerie


Book Leonard Liesens


MediaShow


A Photographic Perspective


Focus on Endurance


The Colors of Endurance II


The Colors of Endurance I



Archives (ancien site - old website)
Annonces/Classified

Grogallo
Pierre's Voice

Liens/Links
Belgian Equestrian Federation

Palmarès Belge/Belgian Records
Vintage
next next next

Copyright - www.endurance-belgium.com - All Rights Reserved - 2011/2015